M.

Publié le par Noémie

J'ai passé des moments d'extrême complicité et de tendresse avec M. hier soir. Nous étions dans la pénombre, seule la lumière du couloir éclairait faiblement son visage. Il était très beau dans cette douce lumière et ça créait une ambiance agréable. On parlait de nos phantasmes, et il m'a étonné, in ne cesse de m'émerveiller et m'étonner. On plongeait également brièvement dans le passé: notre première rencontre et nos aventures parisiennes.

Ca fait cinq ans que M. est présent dans ma vie. Un récord (je l'ai connu quand j'avais 22 ans) réalisé grâce au polyamour, sinon ça n'aurait pas duré.
  Je l'ai quand même quittée deux fois au cours de ces cinq années. A chaque fois, il me manquait terriblement et j'étais malheureuse.
  Avec le recul, je vois que ces deux ruptures ont servi a quelque chose: la première à me rendre compte que la monogamie ne me convenait pas, la deuxième à me rendre compte qu'il y a mille et une façons de vivre le polyamour, et trouver celle qui convenait le mieux pour notre relation. Relation d'ailleurs inclassable.

Je me suis surprise à penser à "plus jamais" lors de ces moments de tendresse, hier: "je ne veux plus jamais quitter M." Cette idée me plait et me mets en même temps un peu mal à l'aise car il ne faut jamais dire jamais et cette idée d'éternité me semble utopiste, irréaliste.
  En même temps, l'amour éternel, on le chasse tout, non? Grâce au polyamour, ça me semble plus réaliste.






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dido 16/04/2009 18:59

mais deux fleuves qui partent de la conscience sur le fleuve de la mémoire, un qui conduit aux moments d'angoisse, traumatisme que l'esprit est capable de revivre, et le fleuve qui conduit aux moments où l'onsent l'éterité sous les pieds, sauf que l'éternité ce n'est pas qu'une histoire de conscience , c'est aussi une histoire charnelle de bien être, toi noémi si tu t'endors toutes les nuits avec ton amoureux, alors peut être que tu revis toutes les nuits l''éternité..sensation d'éternité qui semble se retrouver au simple creux d'un câlin..

S@m 16/04/2009 17:56

Disons que le fixer peut aider, mais l'éternité du passé est un peu semblable à la mort, la mort de l'instant qui passe pour ne jamais revenir, l'instant qui trépasse.

Il y a deux fleuves dans les enfers des anciens - enfers qui n'avait pour seule signification que l'au-delà, sans plus - le fleuve de l'oubli (Léthé) et le fleuve de la mémoire (Mnémosuné). Pour ma part, je n'y vois jamais qu'une métaphore poétique du rapport à cette éternité du passé, entre la mémoire et l'oubli. Pour revenir à la vie le mythe veut que les morts devaient passer par le fleuve léthé, mais quelque part, c'est ce que nous venons chaque matin lorsque nous revenons de l'au-delà du sommeil. Et même si nous n'en avons pas conscience, notre mémoire s'exprime dans nombres de nos habitudes car le passé, au-delà du filtre de l'oubli, inspire le présent. Si nous n'avions pas déjà vécu, nous n'aurions aucune idée de comment vivre et c'est bien ce qui se passe à la naissance, ce qui se passe à la petite renaissance de chaque matin.

Pour le reste, nos modes de vies disposent en effet de nombreux modes de mémoire que j'use fort peu bien que j'aspire à la mémoire. J'en use fort peu car l'époque se trouve fort marquée par l'urgence de vivre dans le présent et que le passé passe souvent pour un obstacle au présent alors que le présent ne constitue jamais que la suite du passe. Le fait d'avoir vécu, le passé procure le sentiment de vivre le présent d'une histoire...

... quant à l'éternité du futur, Dido, je crains qu'il n'y en ait pas sinon dans le passé, la capacité du passé à renaître tel un phénix de ses cendres. Si je ne m'abuse, Dido, tu en as récemment fait l'expérience, voire redoute régulièrement d'en faire l'expérience.

Je crois qu'au final, ce qui m'ennuie dans les nombreux modes de mémoire dont notre époque dispose, c'est qu'ils se présentent le plus souvent sous la forme d'un culte du passé que d'une manière de cultiver le présent comme suite du passé. Par exemple, je viens d'enterrer ma grand-mère récemment, mais je sais qu'il n'y a rien pour fixer le plus important qu'elle ait laissé, la douceur qu'elle a laissé à chaque membre de sa famille, une douceur empreinte d'un certain art de la mémoire, assez proche de la rêverie et de la songerie. Toutes les photos, les écrits et les souvenirs qu'elle laisse n'ont pas de sens sans, sans le (r)éveil de la conscience de cette douceur entre le rêve et le songe qu'elle a laissé.

J'ai parlé de ma grand-mère, mais j'aurais pu parler de Dido avec qui j'ai souvent arpenter les chemins de la logique affective de la mémoire plus que quiconque, Dido qui n'en a pas moins souvent une frousse bleue de la mémoire comme s'il s'agissait des enfers.

Noemi 15/04/2009 17:44

@dido, ça serait une longue histoire d'expliquer pourquoi j'ai quitté M.
Sinon, pour le passé qui vit éternellement: il faut aussi pouvoir s'en souvenir ou l'avoir fixé quelque part (photos, journal intime,...)

dido 15/04/2009 16:14

c"est vraiment pas bête sam! l'éternité serait simplement le passé qu'on pourrait ne plus jamais changé et qui vivrait éternellement, pouh j'aimerais bien pouvoir articuler tout ça..et le futur et le futur devriendra éternité quand on aura choisit d'en faire quelque chose, tiens je n'ai jamais fini matière et mémoire de bergson..salut noémie, c'est sam qui m'a montré ce petit bout de commentaire ..
pour monsieur M , pourquoi l'as tu quitté..pour respirer ..je comprends, je comprends que cette respiration soit une solution..une solution de continuité au concept d'éternité, c'est très juste, bref je vais essayer d'en apprendre plus sur monsieur M; swweet night

Noemi 14/04/2009 14:16

"Ce qui a eu lieu, a eu lieu et a pour lieu l'éternité. Le passé ne change pas, seul le regard sur le passé change."

J'adore! Merci!

Non, justement je ne trouve pas que ça fasse une belle jambe, l'éternité du passé. J'aime bien me souvenir du passé.