Nouvelle situation, nouvelles sensations! Mon copain est récemment tombé amoureux d'une autre femme. Il s'écrivent des mails tous les jours, passent parfois des
heures au téléphone, il n'arrête pas de me parler d'elle... - classique quoi, quand on est amoureux!
Ce week-end, j'étais chez lui, et il avait la possibilité de la voir pendant une heure (ils ne peuvent pas se voir souvent). Je l'ai encouragé à le faire. De toute façon, il pouvait me voir
encore pendant tout le reste du week-end et je savais combien ça comptait pour lui de la voir.
Cette nouvelle situation ne nuit pas à notre relation - au contraire, nous avons tous les deux l'impression qu'elle s'est intensifié! Nous passons encore plus de temps à discuter, il y a plus de
tendresse entre nous et nos sentiments se sont renforcés.
Hier, j’ai discuté avec un ami. « Ca ne m’intéresse pas d’avoir une femme qui m’attend à la maison, cela m’ennuie. » m’a-t-il confié. « Mon rêve
serait d’être avec une femme en toute liberté » Je voulais savoir de quel genre de liberté il parlait, et il m’a ensuite expliqué qu’il rêve d’une relation stable et plein d’amour avec une
femme avec qui il pourrait fonder une famille. Une relation qui laisse à chaque un la liberté d’avoir des relations avec d’autres personnes, fait de plaisirs charnels et de sentiments. « Mon
rêve serait une relation à trois, avec une femme et moi au centre et un autre homme ou une autre femme » a-t-il poursuivi. Il faut dire qu’il est bisexuel, et donc cette option s’impose
presque. J’ai déjà lu de ce genre de relation à trois, mais je n’ai jamais entendu formuler quelqu’un ce rêve de vive voix.
Nous avons ensuite discuté de la difficulté de trouver quelqu’un qui accepte ce genre de relation et je lui ai recommandé le livre « aimer plusieurs hommes » de Françoise Simpère
qui décrit justement le genre de relation ‘centrale’ dont rêve mon ami, avec un couple qui habite ensemble et a des enfants mais qui laisse la place à d’autres amours et désirs.
Et si il n’était pas au centre d’une relation, mais un amour parmi d’autres d’une femme ? Mon ami m’expliquait alors que ça lui plairait autant, car il y aurait
alors une espèce d’esprit de compétition. « Toujours donner le meilleur de moi-même, car je sais que la femme ne m’ « appartient » pas, elle ne m’attend pas à chaque fois à la
maison. Je ne risque pas de me laisser aller, prendre du ventre, passer des soirées avec une bière devant la télé et ce genre de choses. »
Le mot ‘compétition’ ne m’a d’abord pas plu du tout, mais je comprends le raisonnement de mon ami. Et d’après tout, un tout petit peu d’esprit de compétition peut
avoir des aspects tout à fait positives.
Pour passer du rêve à la réalité, il faut souvent vaincre ses peurs, comme le décrit Françoise Simpère dans son tout
dernier billet paru sur son blog. Pour elle, c'était vaincre la jalousie - et pour moi?
Ca s'est fait si simplement, si facilement au début que je croyais rêver.
Pas de peur de jalousie à surmonter. Ni de peur de "perdre" une personne avec qui j'ai longtemps partagé ma vie.
Mes deux amoureux étaient d'accord de ne pas être le seul homme dans ma vie - et hop! c'était partie pour les amours plurielles.
J'ai découvert le concept du polyamour avec ses valeurs il y a bientôt un an. Parfois je me suis demandé ce que j'aurais fais si je ne l'aurais pas découvert par hasard.
Peut-être quitté mon amant pour être avec mon 'nouveau copain'. Peut-être j'aurais continué à le voir secrètement, mais personnellement je n'aime pas du tout ce genre de relation caché et les
mensonges qui vont avec. Ou bien j'aurais osé vivre ces deux relations amoureuses en parallèle, ouvertement.
Le fait de savoir qu'il y a d'autres personnes qui vivent des relations polyamoureuses, de savoir que ce n'est pas une utopie mais un rêve bien réalisable, m'a énormément aidé.
Car nous avons tous plus ou moins été imprégné de valeurs monogames. Le grand amour qui dure éternellement. Le prince charmant. Se marier, faire des enfants, acheter une maison. Et quand le désir
s'affaiblit ou si on désire un autre homme que son partenaire, forcement quelque chose ne va pas dans le couple.
Oui, j'avais ces valeurs et idées dans ma tête. J'en ai douté parfois timidement.
Mais à l'age de 25 ans, j'ai sauté à l'eau. Et maintenant je nage dans cette eau parfois trouble, mais je m'y plais comme un poisson dans l'eau...!